Hystériade

ou la vengeance d'Eurydice

Tragi-comédie lyrique pour 3 voix et 2 instruments

Musique Fabrice Boulanger

Livret et Mise en scène Christine Mananzar

CRÉATION-RÉSIDENCE MAISON de la MUSIQUE de NANTERRE

Sur les prédictions d'une cartomancienne, Euridice fuit la cérémonie de son mariage pour échapper à son destin. Elle se réfugie chez son amie d'enfance, Hortense, devenue prostituée. Le souvenir de l'amitié passée ressurgit pour fonder les bases d'une entente nouvelle. La mort est loin, Eurydice s'ennuie ; elle jette un pont vers l'avenir, elle va travailler. Pendant ce temps, Louis, le fiancé délaissé, s'abandonne au désespoir. Il finit par rencontrer Hortense ; dans un hôtel de passe nait leur amour illusoire, hanté pour les deux amants, par l'ombre d'Eurydice...

NOTE DE CRÉATION

Le texte écrit comme un scénario ou un croquis pour la musique, livre essentiellement les moments de paroxysme ; les scènes courtes entrecoupées de noirs saisissent les personnages sur le vif. Images et émotions sont à l'état brut, sans détail, dépourvues de tout développement. Y entrent en conflit des forces, des langages, des personnages issus d'univers contradictoires. La succession rapide de ces états culminants impose des chocs d'écriture : la parole du quotidien est bousculée d'élans lyriques, la voix chantée croise la voix parlée et s'y mêle.

Les sonorités et les couleurs vocales des protagonistes sont puisés dans le caractère des personnages et les états qu'ils traversent. Le livret projette des personnages mythologiques dans un univers contemporain ; pour rendre musicalement cette dichotomie, voix lyrique et écriture musicale s'opposent : la partition passe du tonal à l'atonal, incline vers le jazz. Le choix instrumental va dans le même sens par le rapprochement d'un piano acoustique et d'un Fender Rhodes.

Les Enfers prennent la forme d'un arbre posé sur des rails jetés vers l'au-delà : ces rails formant un pont entre la scène et la salle, ouvrent une brèche dans le 4e mur...

Autour de cet arbre, point de contact entre la scène et la salle, noyau entre les trois personnages et lieu de jonction entre les deux pianos se construit un jeu où la relation musique-théâtre est le centre des interrogations : la présence des deux pianistes y impose une tension continue de l'image.

Arbre de vie, arbre de mort dont les branches dessinent tour à tour grotte, griffes, ciel de lit... où se raconte l'alchimie des alliances qui se nouent et se dénouent incessamment selon les flux de l'amour, de l'amitié, de la mort.

PRODUCTION Les Hystériades en co-production avec le Ministère de la Culture-livret commande d’état et la Maison de la Musique de Nanterre, avec l’aide du FCL (Fonds de création lyrique de la SACD) et le soutien de la FNAC.

Avec Anne Baquet, Françoise Galais, chanteuses, Didier Ruiz, acteur

et Fabrice Boulanger piano, Stéphane Leach Fender Rhodes

Photos Marc Ginot - Tous droits réservés