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Le voyage de Jean Paulhan
à Madagascar

D’après Les Hain-Tenys traduits du malgache par Jean Paulhan

Christine MANANZAR adaptation et mise en scène

 

Création LE REGARD DU CYGNE

Synopsis

Le Voyage de Jean Paulhan à Madagascar est une adaptation des Hain-Tenys traduits du malgache par Jean Paulhan, directeur de la NRF chez Gallimard durant quarante ans.

Il a recueilli ces proverbes, petites poésies en prose, lors de son séjour à Madagascar en 1907-1910.

Adaptées en saynettes pour un homme et une femme, complétées des pages extraites de son journal La Vie est plein de choses redoutables durant son séjour malgache, elles sont accompagnées de musique et de danse traditionnelles ainsi que des clichés du photographe documentariste Rijasolo et racontent la vie malgache : l’amour, le riz, les zébus, la valiha, les tabous, les ancêtres et le colonialisme...

NOTE DE CRÉATION

Le Voyage de Jean Paulhan à Madagascar est un spectacle de théâtre et musique, un voyage imaginaire, sonore et visuel fondé sur cette poésie de dispute malgache, traduite et révélée en France par Jean Paulhan au début du XXe siècle et nourrie d’extraits de La Vie est pleine de choses redoutables, récits autobiographiques.

À la croisée du théâtre et de la musique vivante, le spectacle met en lumière le pouvoir du langage, sa polysémie, ses sous-entendus, sa capacité à éviter la violence et à faire advenir la pensée.
Poésie de dispute, proverbes en forme de saynettes, devinettes qui servent à la fois de jeu et de duel, le Hain-Teny permet de départager deux adversaires et désigne un vainqueur par la maîtrise du langage.
Mais qu’est-ce qu’un Hain-Teny ? Au sens premier, il s’agit d’un proverbe qui se distingue par son contenu amoureux, qui représent près de 80 % des Hain-Tenys, rendant cette poésie à la fois familière et subtile. Poésie de dispute, de jeu et de duel, le Hain-Teny repose sur une partie claire et une partie obscure, des phrases fortes et des phrases faibles, une modulation du sens par la voix.
Les Hain-Tenys en publication bilingue, appartiennent à la fois à la littérature orale et à la littérature écrite, à la fois à la langue malgache et à la langue française par sa traduction et prennent ainsi leur place dans la littérature francophone.

 

La musique suit une trajectoire parallèle à celle de la poésie : un mouvement vers l’abstraction, entre musique traditionnelle de toutes les régions de Madagascar et musique de cour du XIXe siècle, valiha et composition électronique.
Justin Vali joue la valiha à cordes métalliques, la marovany (cithare sur caisse), la valiha tory tenancy (cithare ancestrale aux cordes taillées dans l’écorce du bambou), et la petite guitare kabosy. Ses compositions puisent dans les traditions malgaches et notamment dans le rythme ternaire du salegy.
La danse explore toutes les régions de l’île rouge : Latsi-tanana, Dihy soroka et Varibotry, danses d’Antananarivo, Kawitry (danses du nord et ouest de Madagascar) et Mangaliba (danses du sud de Madagascar).

Les photographies de Rijasolo parfois en adéquation, parfois en contrepoint, illustrent aussi le sens caché des Hain-Tenys et ferment l’espace scénique.

Une autre ligne traverse aussi ce projet nord/sud : l’anticolonialisme. La modernité de Paulhan dans sa démarche et son ouverture au dialogue interculturel ne peut qu’étonner dans le contexte colonial lourdement normalisateur de l’époque.

En explorant la richesse d’une tradition orale dont la beauté et la complexité transcendent les frontières culturelles, le spectacle propose une expérience sensible où poésie, Histoire et musique dialoguent, tissant un lien vivant entre passé et présent.

Distribution

Justin VALI, Marc CHEMILLIER musiciens
Fafa HARIMINO, Nicolas FANTOLI acteurs
RIJASOLO photographies
FI.MPI.MA, association des Rhéteurs malgaches de Kabary (enregistré)

Production

Les Hystériades